médecin belge Geert Van Mo orter à propos de l’occupation américaine
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Subject: Témoignage exclusif: le médecin belge Geert Van Moorter à propos de l’occupation américaine
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Six semaines à Bagdad sous l’occupation
Témoignage exclusif: le médecin belge Geert Van Moorter à propos de l’occupation américaine
Le docteur Geert Van Moorter, de Médecine pour le Tiers Monde, est rentré depuis quelques jours. Il a séjourné en Irak du début juillet à la mi-août. Un témoignage exclusif sur la vie quotidienne sous l’occupation et sur les nombreuses formes de résistance.
Pol De Vos
20-08-2003
Le président Bush dit que la situation à Bagdad s’améliore chaque jour. C’est ce que vous avez également remarqué?
Reportage
Geert Van Moorter a séjourné en Irak du début juillet à la mi-août. Un témoignage exclusif sur la vie quotidienne sous l’occupation et sur les nombreuses formes de résistance.[Photos Geert Van Moorter - Click to enlarge]

Geert Van Moorter

A première vue, tout va bien. La plupart des magasins sont approvisionnés normalement mais seuls ceux qui ont suffisamment d’argent peuvent y faire leurs achats.

De longues files d’attente aux pompes à essence, malgré les énormes réserves pétrolières du pays.
L’approvisionnement en eau est surtout une question d’attente et de patience. Les laboratoires censés contrôler la qualité de l’eau ne fonctionnent plus. > Interview
Les cicatrices continuent à faire mal

Geert Van Moorter rend visite à Mohammed Ali Sarhan, qui a perdu les deux jambes: un char américain a mitraillé l’ambulance dans laquelle il se trouvait, accompagnant sa femme sur le point d’accoucher. Elle a eu moins de chance que lui.

En divers endroits de Bagdad, on rencontre des bâtiments officiels criblés d’impacts ou complètement incendiés. Voici le bâtiment des télécommunications, par exemple.


Partout en ville, on découvre des affiches de Handicap International mettant en garde contre les bombes à fragmentation. Ces bombes sont constituées de centaines de petites bombes qui n’explosent que lorsqu’on les touche. Leur utilisation contre la population civile constitue un crime de guerre. >Interview
Une occupation sans perspective



Aux check-points, on contrôle toute personne s’approchant des troupes ou des bâtiments des forces d’occupation.

Vue depuis l’hôtel Palestine, la ville entière semble constituer une immense menace: barrages routiers et fils barbelés sont censés assurer la sécurité des étrangers. Quelle différence avec la situation voici quelques mois à peine.


Ce jeune a été abattu à l’approche d’un check-point. Il a eu l’épaule déchiquetée. Ainsi, chaque jour, on compte de nouvelles victimes aux postes de contrôle. >Interview
La résistance irakienne connaît de multiples formes

Graffiti contre les Américains: «Go Home!»

Une action de protestation de la toute nouvelle organisation des sans-emploi.

Trois heures après l’attentat, Geert était à proximité de ce véhicule militaire carbonisé . Dessus, on avait écrit à la craie: «Vive notre président! La résistance vaincra!» >Interview
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Geert Van Moorter. On a d’abord l’impression que tout va plus ou moins bien. La vie suit son cours, de nombreux magasins sont approvisionnés. Seules, les Jeeps américaines détonnent. Mais dès que le soir tombe, toute illusion disparaît: avant la guerre, la ville s’animait à la tombée de la nuit. Jusqu’à 1 ou 2 heures du matin, des groupes de gens bavardaient et rigolaient dans les rues. Aujourd’hui, la nuit, Bagdad est une ville morte. D’ailleurs, les Américains ont décrété une interdiction de sortie qui prend effet à partir de 23 heures.
J’ai bien vite remarqué que la population souffre encore terriblement des retombées de la guerre. Les Irakiens ne comprennent pas comment il se fait que, quatre mois après la fin officielle du conflit, il n’y ait toujours que quelques heures d’électricité par jour. Il y a toujours d’énormes problèmes avec l’eau potable. L’approvisionnement en essence est toujours gravement perturbé. Plusieurs personnes m’ont dit qu’après la dévastatrice première guerre du Golfe, en 91, alors que la majeure partie du pays était restée sous contrôle du gouvernement irakien, tous ces problèmes avaient été résolus en moins de deux mois. Aujourd’hui, toute la structure administrative du pays est sens dessus dessous. La plupart des services publics et des ministères sont toujours à l’arrêt. Les entreprises d’Etat sont fermées. Ils sont des centaines de milliers à avoir perdu leur boulot et tournent plus ou moins en rond. De quoi vivent-ils? Aucune idée, ils ne doivent plus avoir d’économies, après deux guerres et douze ans d’embargo. Par chance, le programme «de la nourriture contre du pétrole» fonctionne plus ou moins. Environ 80% de la structure de distribution mise en place par le précédent régime semble encore exister. L’un dans l’autre, naturellement, c’est une piètre consolation.
Mais on a pourtant installé un «gouvernement provisoire», non? Celui-ci n’arrive-t-il pas à résoudre les problèmes?
Geert Van Moorter. Toutes les personnes avec qui j’ai parlé n’avaient que mépris à l’égard de ce conseil des 25 qui, aujourd’hui, prétend diriger le pays. «Dans le temps, nous avions un Saddam, aujourd’hui, nous en avons 25»,